Le Secrétaire permanent du G5 Sahel s’explique sur la plate forme des femmes du Sahel

par g5sahelnow

téléchargementEn marge du colloque régional sur la Radicalisation et l’Extrémisme Violent tenu à Bamako du 11 au 13 octobre 2016, Mr Najim El Hadj Mohamed, Secrétaire Permanent du G5 Sahel a accordé une interview sur la Plate-Forme des Femmes du Sahel au Journal Burkinabé QUEEN MAFA, «L’actu au Féminin»

1.       Le G5 Sahel regroupe la plus grande concentration des menaces sur la paix la sécurité et le développement. Hors on sait qu’en temps de crise, les    femmes sont plus vulnérables. Pouvez-vous nous faire le point sur la situation des femmes dans l’espace du G5 sahel ?

Il est important de reconnaitre que les femmes et les filles sont les plus affectées dans les situations de conflits, d’insécurité, elles sont par ailleurs affectées par l’extrémisme violent et le terrorisme. Ceci est d’autant plus vrai dans la zone du Sahel qu’elles sont par ailleurs vulnérables par leur situation.

  • Les actions des groupes terroristes: Ansar Dine, Al-Mourabitoun, le front de libération de Macina, BokoHaram et Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) ont des impacts négatifs sur les femmes et les filles et limitent leurs droits fondamentaux a l’éducation, l’emploi, l’intégrité physique et la participation à la vie publique
  • Les Femmes et les filles sont également la cible de recrutement et de participation à des groupes terroristes à des fins diverses, y compris des attentats-suicides.

Toutefois il faut reconnaitre que les femmes et les organisations de femmes ont également été à l’avant-garde des efforts de prévention et de réponse, se livrant à des activités de sensibilisation, à travers des réseaux des femmes pour la paix, la gestion non violente des conflits, la culture de la paix ….

2.        Est-ce qu’au niveau l’agenda politique et stratégique du G5 Sahel, les questions du genre sont   prises en compte ?

Le G5 Sahel a comme objectif d’assurer la prise en compte du Genre dans son agenda politique et cela figure en bonne place dans sa stratégie de développement et de sécurité et son Programme d’Investissements Prioritaires (2017-2019).

Concrètement il, s’agit d’appuyer le processus de la Plate-Forme des femmes du sahel mise en place suite à la rencontre de NDJAMENA, avec une série d’activités sur le terrain tant au niveau des pays qu’au niveau régional.

Il faut se féliciter du partenariat avec ’ONU Femmes qui nous accompagne dans ce processus qui vise le « Renforcement du Leadership féminin pour la paix et la sécurité dans la région du Sahel » :

En plus de la création de la Plate-Forme des Femme, plusieurs activités sont en cour d’exécution il s’agit notamment de :

  • L’Organisation des recherches et des réunions sur le rôle des femmes dans la prévention et la lutte contre l’extrémisme violent dans le Sahel, dont les résultats devront être partagés à travers un dialogue politique régional avec les pays du G5 Sahel;
  • La Formation des femmes des pays du G5 Sahel sur les stratégies d’alerte précoce pour prévenir l’extrémisme violent ;
  • L’Organisation d’un atelier avec des femmes parlementaires dans les pays du G5 sahel, sur leur rôle dans la promotion de la paix et la sécurité dans le Sahel.
  • L’Organisation des réunions transfrontalières communautaires impliquant les forces de défense et de sécurité

3.       Ou en estes vous également avec le projet « Plate-forme des Femmes du Sahel » ?

Depuis le forum de Ndjamena tenu en juillet 2015, la Plate-Forme des Femmes du Sahel évolue bien, la mise en place des cellules nationales se poursuit normalement mais différemment au niveau des 5 pays du G5 Sahel.

Un forum régional de la Plate-forme se tiendra avant la fin de l’année pour une planification stratégique : passer en revue l’état d’avancement, faire le point sur la situation par pays, et formuler un plan d’action afin de permettre aux femmes de mieux se positionner par rapport aux nouveaux défis qui se posent dans la région notamment en ce qui concerne la paix la sécurité mais également le problème du terrorisme, de la radicalisation et de l’extrémisme violent.

4.       Le  11 octobre, la communauté internationale a célèbré la journée de la jeune fille. Quelle appréciation faites-vous de cette journée ?

Il ya certes des avancées notoires grâce aux efforts louables des Gouvernements/pays dans la région du G5 Sahel ; néanmoins il est très important de poursuivre les actions et d’aller de l‘avant pour assurer le changement. La situation des filles reste encore préoccupante compte tenue de certaines pratiques socio-culturelles qui entravent la plénitude de leurs droits, il s’agit notamment des mariages précoces, les MGF. De plus, aujourd’hui l’enlèvement et de l’utilisation des filles comme « bombes humaines » épouses forcées  par certains groupes terroristes est très préoccupant et fragilise davantage la situation des filles dans la région du Sahel.

5.       Un message

Au G5 Sahel, nous allions dans toutes nos actions le développement à la sécurité en privilégiant les zones frontalières et celles enclavées sous peuplées qui ont tendance à devenir des zones de non droit.

Pour nous le développement doit être inclusif et ne saurait être sans une forte implication des femmes à tous les niveaux du processus et particulièrement dans nos zones d’intervention.

Cela se fera d’abord par la mise d’un accent particulier sur la scolarisation de la jeune fille et la promotion des droits des femmes en assurant son autonomisation au plan matériel et financier, à travers:

–          l’allègement des travaux domestiques qui lui incombent ;

–          la lutte contre les fléaux comme le mariage précoce, les MGF ;

–          la promotion de la santé de la reproduction ;

–          Le développement de sa participation à la vie socio-économique et politique de son milieu.

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